Mère Célibataire
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Prise en charge de la mère célibataire

Procédure sociale hospitalière : accueil, écoute, classification, accompagnement et orientation selon la décision de la mère.

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La mère célibataire doit être accueillie sans jugement, dans un espace confidentiel, avec une information claire sur ses droits, les possibilités de garde ou d’abandon de l’enfant, et les services sanitaires, sociaux, juridiques et associatifs disponibles.
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Accueil et mise en confiance

Créer un climat de sécurité, de confidentialité et de non-jugement.
Accueil social Premier contact
  • Recevoir la mère dans un espace calme, fermé et confidentiel, à l’abri des regards et des jugements.
  • Se présenter clairement : nom, fonction, rôle de l’assistant(e) social(e), limites de confidentialité et objectifs de l’entretien.
  • Adopter une posture d’écoute, de respect, d’empathie et de neutralité, sans pression morale, familiale ou institutionnelle.
  • Rassurer la mère sur le fait que l’entretien vise à l’aider, à protéger ses droits et à garantir l’intérêt supérieur de l’enfant.
  • Identifier les besoins immédiats : sécurité, hébergement, alimentation, vêtements, médicaments, transport, protection contre la violence.
  • Ouvrir un dossier social hospitalier avec date, heure, service d’admission, identité disponible et circonstances de la prise en charge.
Principe : l’assistant(e) social(e) n’impose pas une décision. Il/elle informe, accompagne, protège et oriente.
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Écoute et identification des besoins

Comprendre la situation sociale, familiale, sanitaire, psychologique et juridique.
Diagnostic social Écoute

Situation de la mère

  • Identifier l’âge, l’état civil, l’adresse, la provenance urbaine ou rurale, le niveau scolaire et la situation professionnelle.
  • Évaluer la situation familiale : soutien, rejet, menaces, pression, risque de violence ou rupture avec la famille.
  • Identifier la situation économique : ressources, logement, autonomie financière, dépendance familiale ou absence de soutien.
  • Repérer les signes de détresse : peur, honte, anxiété, idées suicidaires, dépression post-partum, épuisement ou traumatisme.
  • Vérifier si la mère est majeure ou mineure, car la minorité nécessite une protection renforcée et une coordination spécifique.

Situation de l’enfant et projet de la mère

  • Identifier si l’enfant est né à l’hôpital, hospitalisé en pédiatrie ou encore en maternité avec sa mère.
  • Évaluer l’état de santé du nouveau-né avec les équipes médicales : pédiatrie, maternité, néonatologie si nécessaire.
  • Écouter la décision exprimée par la mère : garder l’enfant, hésiter, ou exprimer la volonté de l’abandonner.
  • Informer la mère qu’elle peut bénéficier d’un temps de réflexion, d’un soutien psychologique et d’une information juridique.
  • Évaluer la possibilité d’une médiation familiale si elle est sécurisée, souhaitée par la mère et compatible avec son intérêt.
Important : la décision de garder ou d’abandonner l’enfant doit être recueillie sans pression. L’assistant(e) social(e) doit documenter la volonté exprimée et accompagner la mère dans le circuit adapté.
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Classification de la situation

Déterminer le parcours : mère majeure ou mineure, garde ou abandon de l’enfant.
Orientation Décision
Cas 1 — Elle garde l’enfant
Déclencher le signalement juridique selon les lois en vigueur et organiser une prise en charge globale : santé, juridique, psychologique, social et associatif.
Cas 2 — Mère mineure
La prise en charge est la même que pour la mère majeure, sauf pour ce qui relève de sa minorité : protection renforcée, coordination avec les autorités compétentes et attention au risque d’exploitation ou violence.
Cas 3 — Elle abandonne l’enfant
Voir la section “Prise en charge de l’enfant abandonné”, catégorie : enfant abandonné à l’hôpital par sa mère célibataire.
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Si la mère garde son enfant : prise en charge globale

Signalement juridique, santé, accompagnement social, psychologique, juridique et associatif.
Garde Santé Juridique
1. Signalement juridique et information sur les droits
  • Informer la hiérarchie hospitalière et déclencher le signalement juridique selon les lois et procédures en vigueur.
  • Orienter la mère vers le Procureur du Roi près le Tribunal de Première Instance lorsque la situation nécessite une intervention judiciaire.
  • Informer la mère sur ses droits : déclaration de naissance, inscription à l’état civil, garde, protection, hébergement, recours juridiques.
  • Préparer avec elle les documents nécessaires : pièce d’identité si disponible, avis de naissance, documents médicaux et sociaux.
2. Volet santé
  • Coordonner avec la maternité, la pédiatrie, la néonatologie et les urgences selon la situation médicale de la mère et de l’enfant.
  • Assurer les examens complémentaires nécessaires pour la mère et le nouveau-né.
  • Faciliter l’accès aux médicaments, traitements, soins post-partum, suivi pédiatrique et consultations spécialisées.
  • Organiser l’hospitalisation de la mère ou de l’enfant si l’état de santé l’exige.
  • Veiller à la continuité des soins après la sortie : rendez-vous, carnet de santé, orientation vers centre de santé ou structure spécialisée.
3. Volet psychologique
  • Proposer une orientation vers le psychologue ou le psychiatre selon l’état émotionnel de la mère.
  • Repérer les signes de détresse : anxiété, culpabilité, isolement, idées suicidaires, dépression post-partum ou traumatisme.
  • Assurer une écoute régulière par l’assistant(e) social(e) et renforcer l’estime de soi et la capacité de décision.
  • Proposer une médiation familiale uniquement si elle est demandée, possible et sécurisée.
4. Volet juridique et administratif
  • Orienter vers les associations / tribunal pour l’inscription de l’enfant à l’état civil et vérifier la disponibilité de l’avis de naissance.
  • Orienter vers le Procureur du Roi au Tribunal de Première Instance si une protection juridique est nécessaire.
  • Rechercher une solution d’hébergement temporaire ou d’urgence si le retour familial est impossible ou dangereux en etroite collaboration avec le Procureur du Roi au Tribunal de Première Instance.
  • Orienter vers les services d’aide juridique, les cellules judiciaires ou les associations spécialisées.
5. Volet associatif et insertion
  • Orienter vers les associations spécialisées dans l’accompagnement des mères célibataires.
  • Rechercher un hébergement adapté : structure sociale ou solution associative.
  • Faciliter l’accès à la formation, à l’insertion professionnelle, à travers les ressources locales.
  • Rechercher une garderie ou une solution de garde pour l’enfant afin de permettre la réinsertion sociale et professionnelle de la mère, à travers les ressources locales.
  • Assurer le lien avec les associations proposant soutien psychologique, aide alimentaire, vêtements, transport ou accompagnement administratif, médicaments, hébergement, garderie, formation, insertion professionnel.
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Mère célibataire mineure

Même prise en charge que la mère majeure, avec adaptation liée à la minorité.
Mineure Protection renforcée
  • Appliquer la même procédure que pour la mère célibataire majeure, qu’elle garde ou abandonne son enfant.
  • Adapter la prise en charge à sa minorité : protection, confidentialité, évaluation du danger, information de la hiérarchie et coordination avec les autorités compétentes.
  • Évaluer le contexte de la grossesse : violence sexuelle, exploitation, mariage forcé, pression familiale, fugue, rupture scolaire ou absence de soutien.
  • Veiller à l’intérêt supérieur de la mère mineure et de l’enfant, avec une approche médicale, psychologique, sociale et judiciaire coordonnée.
  • Orienter vers les services de protection de l’enfance, les cellules judiciaires, les associations spécialisées et les structures d’hébergement adaptées.
Règle : la minorité ne supprime pas les droits de la mère. Elle impose une vigilance renforcée, une protection adaptée et un accompagnement plus étroit.
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Si la mère abandonne son enfant

Basculer vers la procédure enfant abandonné.
Abandon Procédure judiciaire
  • Documenter clairement la volonté exprimée par la mère de renoncer à son enfant, sans pression ni jugement.
  • Informer la hiérarchie hospitalière et déclencher le signalement juridique selon le circuit en vigueur.
  • Coordonner avec la police judiciaire si la mère est de provenance urbaine, ou avec la gendarmerie royale si elle est de provenance rurale.
  • Préparer les documents nécessaires : certificat médical de l’enfant, avis de naissance si l’enfant est né à l’hôpital, rapport social et éléments de dossier.
  • Voir la section : Prise en charge de l’enfant abandonné — catégorie 1 : enfant abandonné à l’hôpital par sa mère célibataire.
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