Procédures générales du service social hospitalier
Socle commun de la prise en charge sociale hospitalière : accueil, entretien initial, évaluation sociale, diagnostic, plan d’intervention, coordination, suivi, clôture et traçabilité.
Accueil et entretien initial
Créer un cadre de confiance, recueillir la demande et repérer l’urgence.- Recevoir la personne dans un espace calme, accessible, confidentiel et respectueux.
- Se présenter clairement : nom, fonction, rôle du service social et limites de l’intervention.
- Écouter la demande sans jugement, avec reformulation et respect du rythme de la personne.
- Identifier le motif de recours : soins, sortie, hébergement, violence, documents, couverture médicale, transport, abandon, isolement, handicap, addiction ou autre difficulté.
- Repérer immédiatement les urgences : danger, violence, enfant en risque, absence d’hébergement, détresse psychologique, idées suicidaires, abandon, rupture de traitement ou sortie impossible.
- Ouvrir ou actualiser le dossier social hospitalier : date, service, identité disponible, motif, personne accompagnante, premiers besoins.
Identification des besoins et collecte d’informations
Recueillir les éléments nécessaires sans exposer inutilement la personne.Informations à recueillir
- Identité, âge, adresse ou absence d’adresse, téléphone sûr, personne de confiance.
- Situation familiale, personnes à charge, enfants exposés, aidants ou isolement.
- Situation administrative : CIN, acte de naissance, couverture médicale, AMO/Tadamon, documents manquants.
- Situation économique : emploi, ressources, dettes, dépendance financière, absence de transport.
- Situation de logement : domicile, rue, foyer, institution, hébergement temporaire, retour impossible.
- Situation sanitaire : diagnostic connu, traitement, maladie chronique, handicap, santé mentale, dépendance, grossesse.
Règles de collecte
- Expliquer pourquoi les informations sont demandées.
- Limiter les données collectées à ce qui est utile à la prise en charge.
- Éviter les questions intrusives sans lien avec la situation.
- Vérifier les informations importantes avec les services concernés lorsque c’est nécessaire et autorisé.
- Ne pas transmettre d’informations à un partenaire sans nécessité professionnelle et sans respecter la confidentialité.
Diagnostic social et analyse des besoins prioritaires
Transformer les informations recueillies en compréhension professionnelle de la situation.- Identifier le problème principal : social, familial, administratif, économique, médico-social, juridique ou de protection.
- Distinguer les besoins immédiats des besoins secondaires : sécurité, soins, hébergement, documents, couverture médicale, transport, relais familial, partenaire externe.
- Repérer les ressources disponibles : famille protectrice, service hospitalier, association, autorité locale, Entraide Nationale, centre spécialisé, partenaire de santé, personne de confiance.
- Repérer les obstacles : absence de documents, pauvreté, éloignement, barrière linguistique, handicap, stigmatisation, conflit familial, refus d’aide, violence, absence de réseau.
- Classer le niveau de risque : élevé, moyen ou bas, selon la sécurité, la santé, la vulnérabilité et la possibilité de sortie.
Élaboration du plan d’intervention médico-sociale
Définir les objectifs, les actions, les responsables, les délais et les relais.- Répondre au besoin urgent : soins, sécurité, hébergement, sortie, couverture médicale, transport ou protection.
- Garantir que la personne comprend les étapes proposées.
- Organiser la continuité entre l’hôpital et les partenaires externes.
- Éviter une orientation isolée sans suivi ni retour.
- Problème identifié et niveau de risque.
- Actions prévues : entretien, orientation, fiche de liaison, contact partenaire, aide administrative, accompagnement physique, suivi téléphonique.
- Responsables : assistant(e) social(e), médecin, infirmier, psychologue, administration, partenaire externe.
- Échéance : immédiat, avant sortie, sous 48h, rendez-vous programmé, relance à prévoir.
- Critère de réussite : personne reçue, dossier déposé, hébergement trouvé, rendez-vous fixé, partenaire confirmé, sortie sécurisée.
Orientation interne et collaboration avec les services hospitaliers
Construire une réponse coordonnée avec l’équipe de soins.- Coordonner avec le service d’admission, urgences, maternité, pédiatrie, psychiatrie, médecine, chirurgie, infectiologie, unité intégrée ou autre service concerné.
- Informer l’équipe soignante des éléments sociaux nécessaires à la prise de décision, sans divulguer d’informations inutiles.
- Participer aux réunions de cas lorsque la situation est complexe ou nécessite une décision partagée.
- Faciliter le parcours du patient dans l’hôpital : rendez-vous, examens, certificats, prise en charge sociale, appui administratif.
- Préparer la sortie avec le service clinique afin d’éviter une sortie sans relais social ou médical.
Orientation externe, carte sociale et annuaire
Mobiliser les ressources territoriales adaptées à la situation.- Identifier le partenaire adapté : Entraide Nationale, autorité locale, association, centre d’hébergement, CAPE, COAPH, HCR/OIM, centre d’addictologie, ESJ, justice, police/gendarmerie, service social territorial.
- Vérifier l’accessibilité réelle du partenaire : ville, téléphone, conditions d’admission, horaires, public cible, documents demandés.
- Contacter le partenaire avant l’orientation lorsque la situation est complexe, urgente ou sensible.
- Utiliser l’annuaire du site comme carte sociale numérique et le mettre à jour régulièrement.
- Demander une contre-référence : personne reçue, refus, délai, documents manquants, autre orientation proposée.
Ouvrir l’annuaire des structures sociales
Gestion des situations d’urgence ou de crise
Identifier le danger, alerter, sécuriser et organiser le relais.- Identifier la nature de l’urgence : violence, enfant en danger, tentative de suicide, overdose, errance, sortie impossible, abandon, absence d’hébergement, crise psychiatrique, menace grave.
- Alerter immédiatement l’équipe médicale ou la hiérarchie selon le circuit interne.
- Ne jamais gérer seul(e) une situation de danger grave.
- Mettre la personne dans un espace sûr et éviter l’exposition à l’auteur présumé, au conflit ou à la pression familiale.
- Mobiliser les ressources urgentes : urgences, psychiatrie, police/gendarmerie, parquet, hébergement, association, autorité locale ou partenaire spécialisé.
- Documenter l’événement, les personnes alertées, les décisions prises, les orientations et le plan de suivi.
Soutien psychosocial de première ligne
Apaiser, écouter, soutenir et orienter sans se substituer au psychologue.- Écouter activement, reformuler et reconnaître la souffrance exprimée.
- Rassurer la personne sur ses droits, les étapes de la prise en charge et les ressources disponibles.
- Aider à identifier une personne de confiance ou un réseau de soutien.
- Repérer les signes d’alerte : agitation, mutisme, dissociation, idées suicidaires, panique, confusion, violence subie ou menace.
- Orienter vers psychologue, psychiatre ou urgences psychiatriques si la détresse dépasse le soutien social de première ligne.
- Respecter les limites du rôle de l’assistant(e) social(e) : écouter, soutenir, orienter, mais ne pas réaliser une psychothérapie.
Suivi, ajustement et clôture du dossier social
Évaluer les suites données, réajuster le plan et clôturer de manière sécurisée.- Vérifier si les actions prévues ont été réalisées : rendez-vous, dossier, orientation, partenaire contacté, aide obtenue, traitement compris.
- Réévaluer la situation si le besoin persiste, si le partenaire refuse, si la personne ne se présente pas ou si un nouveau risque apparaît.
- Préparer la sortie avec un minimum de garanties : traitement, ordonnance, rendez-vous, transport, hébergement si nécessaire, contact partenaire.
- Documenter les résultats : accepté, refusé, en attente, réorienté, clôturé, suivi programmé.
- Clôturer seulement lorsque les besoins urgents sont traités ou relayés et que les prochaines étapes sont clairement expliquées.
Un guide construit avec vous, pour nous tous
Vos remarques, corrections, expériences de terrain, documents utiles, contacts de partenaires, modèles de fiches, références juridiques ou propositions d’amélioration sont les bienvenus. L’objectif est de faire de ce guide une maison professionnelle partagée : un lieu où chacun peut apprendre, contribuer, améliorer les pratiques et renforcer la qualité de l’accompagnement des personnes vulnérables.
Outils du service social hospitalier
Checklists communes pour structurer l’accueil, l’évaluation, le diagnostic social, l’orientation et la clôture.
- Lieu confidentiel disponible.
- Rôle de l’assistant(e) social(e) expliqué.
- Motif de recours identifié.
- Urgence ou danger immédiat vérifié.
- Dossier social ouvert ou actualisé.
- Identité et moyen de contact sûr.
- Situation familiale et personne de confiance.
- Logement ou absence d’hébergement.
- Ressources, emploi, dépendance financière.
- Documents administratifs et couverture médicale.
- Danger ou violence.
- Enfant ou personne vulnérable en risque.
- Sortie hospitalière impossible.
- Absence d’hébergement ou de transport.
- Rupture de traitement ou absence d’accès aux soins.
- Problème principal défini.
- Actions et responsables identifiés.
- Partenaires à contacter listés.
- Délais fixés.
- Critères de suivi et clôture définis.
Principes professionnels — Service social hospitalier
Cadre éthique, déontologique et organisationnel commun à toutes les situations sociales hospitalières.
Principes d’intervention
Posture commune de l’assistant(e) social(e)
Suivi, clôture et indicateurs — Service social hospitalier
Éléments de suivi pour mesurer la continuité, la qualité de l’orientation et l’efficacité des interventions sociales.
Critères de clôture du dossier social
- Le besoin urgent est traité ou relayé vers un partenaire identifié.
- La personne connaît les prochaines étapes et dispose des contacts nécessaires.
- Le service clinique est informé des éléments sociaux nécessaires à la sortie ou au suivi.
- La fiche de liaison ou la référence externe est transmise si nécessaire.
- Une contre-référence est demandée lorsque l’orientation externe conditionne la continuité du parcours.
- Le dossier social contient les actions réalisées, les décisions, les refus éventuels et le suivi prévu.
- Nombre de cas reçus par population.
- Nombre d’entretiens sociaux réalisés.
- Nombre d’orientations internes.
- Nombre d’orientations externes.
- Nombre de dossiers clôturés avec suivi documenté.
- Nombre de fiches de liaison transmises.
- Nombre de contre-références reçues.
- Nombre de réunions de cas ou staffs sociaux.
- Nombre de partenaires mobilisés.
- Nombre d’orientations refusées ou sans suite.
- Délai entre demande et premier entretien social.
- Délai de traitement des situations urgentes.
- Taux de dossiers avec plan d’intervention documenté.
- Taux de sorties avec relais identifié.
- Retours des patients, familles ou partenaires.