Santé des adolescents et des jeunes
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Santé des adolescents et des jeunes

Accueil, évaluation médico-sociale, santé mentale, addictions, santé sexuelle et reproductive, violences, traumatismes, dépistage, orientation, référence et contre-référence.

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Rubrique transversale : cette procédure complète les autres procédures du guide lorsqu’un adolescent ou un jeune présente un besoin de santé, de protection, d’écoute, d’orientation ou de suivi. Elle concerne les jeunes scolarisés, étudiants, stagiaires, jeunes non scolarisés, jeunes migrants, jeunes en situation de handicap, jeunes victimes de violence, mères mineures ou jeunes en rupture familiale.
Base documentaire : la stratégie nationale 2022-2030 insiste sur une offre de services adaptée, centrée sur l’adolescent et le jeune, avec participation, prévention, prise en charge, gouvernance et intersectorialité. Le recueil PNSSU 2023 apporte les directives pratiques : santé scolaire, santé universitaire, VMS, dépistage, santé mentale, référence, contre-référence, hygiène, sécurité et éducation sanitaire.
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Accueil confidentiel, bienveillant et adapté à l’âge

Créer un climat de confiance et permettre au jeune d’exprimer son besoin réel.
Accueil
  • Recevoir le jeune avec respect, sans jugement moral, dans un espace garantissant la confidentialité.
  • Se présenter clairement : nom, fonction, rôle du service social et limites de confidentialité en cas de danger.
  • Adapter le langage à l’âge, au niveau de compréhension, à la langue et à la situation émotionnelle.
  • Identifier si le jeune est mineur ou majeur, accompagné ou seul, scolarisé, étudiant, stagiaire, migrant, en situation de handicap ou en rupture familiale.
  • Évaluer si le jeune peut parler librement en présence de l’accompagnant ; proposer un temps d’entretien seul si nécessaire et possible.
  • Noter le motif apparent et rechercher le motif caché : violence, grossesse, peur, addiction, harcèlement, conflit familial, idées suicidaires.
Point de vigilance : chez l’adolescent, la demande initiale peut être indirecte. Une douleur, une crise, une fugue, une intoxication ou un refus de soins peut cacher une violence, une détresse psychologique, une grossesse, un harcèlement ou une rupture familiale.
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Évaluation immédiate du danger

Repérer les situations nécessitant une protection, une urgence médicale ou une orientation spécialisée.
Urgence Protection
  • Tentative de suicide, idées suicidaires, automutilation ou propos de mort.
  • Violence sexuelle, viol, agression, exploitation, harcèlement grave ou traite.
  • Grossesse chez mineure, grossesse non suivie, complication, rejet familial ou risque d’abandon.
  • Intoxication, usage problématique de substances, sevrage ou conduite à risque.
  • Violence familiale, fugue, abandon, négligence, enfant non accompagné ou retour dangereux.
  • Traumatisme, accident de la voie publique, blessure grave ou handicap récent.
  • Trouble psychiatrique aigu : agitation, confusion, délire, crise anxieuse sévère, isolement extrême.
Conduite : ne pas laisser le jeune seul si danger immédiat. Informer l’équipe médicale, la hiérarchie hospitalière et activer la procédure adaptée : EVV, FVV, protection de l’enfance, psychiatrie, urgence médicale, parquet ou partenaire spécialisé selon le cas.
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Identifier le profil et le milieu de vie du jeune

Savoir si le relais principal est scolaire, universitaire, familial, associatif ou sanitaire.
Orientation Parcours

Profil à préciser

  • Âge : 10-14 ans, 15-19 ans, 20-24 ans.
  • Statut : élève, étudiant, stagiaire, non scolarisé, travailleur, sans emploi, migrant.
  • Situation familiale : vit avec parents, tuteur, famille élargie, seul, en institution, rue, foyer.
  • Couverture médicale : AMO/Tadamon, étudiant, famille, aucune information.
  • Documents disponibles : CIN, acte de naissance, certificat scolaire, carte étudiant, dossier médical.

Relais possible

  • Élève : santé scolaire, établissement scolaire, ESSP, bureau de santé scolaire.
  • Étudiant : Centre Médico-Universitaire, cité universitaire, service social universitaire.
  • Jeune non scolarisé : ESSP, Espace Santé Jeunes, association, service social territorial.
  • Jeune vulnérable : CAPE, association, protection de l’enfance, santé mentale, justice si danger.
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Santé mentale, écoute et soutien psychosocial

Repérer la détresse psychologique, orienter et assurer le suivi.
Santé mentale Risque suicidaire
  • Demander avec tact : tristesse persistante, anxiété, isolement, troubles du sommeil, perte d’intérêt, violence subie.
  • Explorer les idées suicidaires : pensées de mort, scénario, moyen disponible, tentative antérieure, soutien familial.
  • Rechercher automutilation, consommation de substances, harcèlement, humiliation, rupture familiale ou scolaire.
  • Informer immédiatement le médecin ou psychiatre si risque suicidaire, agitation sévère ou danger.
  • Orienter vers psychologue, psychiatre, pédopsychiatrie, CMU, ESSP ou partenaire spécialisé selon l’âge et la disponibilité.
  • Programmer une relance ou demander une contre-référence pour vérifier que le jeune a réellement été reçu.
Ne pas banaliser : une tentative de suicide, une automutilation ou une phrase comme “je ne veux plus vivre” doit être traitée comme un signal d’alerte, même si le jeune minimise après coup.
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Addictions, écrans et comportements à risque

Repérer tabac, alcool, cannabis, psychotropes, écrans et risques associés.
Addictions Prévention
  • Questionner sans jugement : tabac, alcool, cannabis, psychotropes, inhalants, médicaments, écrans, jeux.
  • Évaluer la fréquence, l’âge de début, le contexte, les pairs, les conséquences scolaires, familiales ou judiciaires.
  • Rechercher les risques associés : violence, conduite dangereuse, rapports non protégés, fugue, décrochage, troubles psychiatriques.
  • Informer sur les risques et orienter vers consultation médicale, santé mentale, centre d’addictologie ou association spécialisée.
  • Impliquer la famille lorsque c’est protecteur, sans exposer le jeune à un danger ou à une sanction disproportionnée.
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Santé sexuelle et reproductive

Informer, orienter et protéger en cas de grossesse, IST, VIH, violence sexuelle ou besoin de contraception.
Protection SSR
  • Évaluer la demande : information, contraception, grossesse, IST/VIH, douleur, violence, peur, rejet familial.
  • Si grossesse chez mineure ou jeune vulnérable : activer l’évaluation sociale, familiale, médicale et de protection.
  • En cas de violence sexuelle : orienter immédiatement vers la procédure EVV/FVV selon l’âge, certificat médical, protection et circuit judiciaire si nécessaire.
  • Orienter vers consultation médicale, gynécologie, sage-femme, centre de santé, ALCS, AMPF ou partenaire compétent.
  • Informer avec prudence, sans jugement, en respectant la confidentialité et les règles de protection des mineurs.
Important : une grossesse, une IST ou une demande de contraception chez une mineure doit toujours conduire à rechercher une violence, un abus, une contrainte, une exploitation ou une situation familiale dangereuse.
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Violences, harcèlement, traumatismes et accidents

Repérer les violences visibles ou cachées et organiser la protection.
Violence Traumatisme
  • Rechercher violence physique, psychologique, sexuelle, cyberviolence, harcèlement scolaire, exploitation ou traite.
  • Documenter les déclarations avec neutralité : qui, quoi, quand, où, comment, témoins, danger actuel.
  • Vérifier si le jeune peut retourner à domicile, à l’école ou à l’internat sans danger.
  • Activer la procédure EVV pour les mineurs victimes ou en danger.
  • Orienter vers CAPE, protection de l’enfance, service médical, psychologue, justice ou association selon la situation.
  • Prévoir un suivi post-traumatique, car l’impact psychologique peut apparaître après la crise.
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Dépistage, VMS, santé scolaire et santé universitaire

Relier le jeune aux dispositifs de santé scolaire, universitaire ou de proximité.
PNSSU Dépistage
  • Vérifier si le jeune a bénéficié d’une visite médicale systématique ou d’un suivi scolaire/universitaire.
  • Rechercher les problèmes dépistables : vision, audition, bucco-dentaire, nutrition, croissance, handicap, santé mentale.
  • Pour l’élève : orienter vers santé scolaire, ESSP, direction de l’établissement ou bureau de santé scolaire selon le cas.
  • Pour l’étudiant : orienter vers CMU, consultation à la demande, écoute, soutien psychologique, soins infirmiers ou référence spécialisée.
  • Pour le jeune hors système scolaire : orienter vers ESSP, Espace Santé Jeunes, association ou service spécialisé.
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Référence, fiche de liaison et contre-référence

Ne pas se limiter à conseiller : orienter, documenter et vérifier la prise en charge.
Suivi Traçabilité
  • Identifier le partenaire exact avant l’orientation : nom, adresse, téléphone, personne référente.
  • Préparer une fiche de liaison contenant uniquement les informations nécessaires.
  • Préciser le motif d’orientation : santé mentale, addiction, grossesse, violence, dépistage, scolarité, handicap, suivi médical.
  • Indiquer le niveau d’urgence, suivi programmé.
  • Demander une contre-référence : jeune reçu ou non, rendez-vous fixé, pièces manquantes, nouvelle orientation.
  • Documenter dans le dossier social : évaluation, décision, partenaire, date, relance prévue.
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Orientation rapide vers l’Espace Santé Jeunes

Utiliser l’ESJ comme relais lorsque le jeune a besoin d’écoute, de conseil, de soins ou d’orientation.
ESJ Référence
  • Rechercher l’ESJ ou le partenaire jeunes le plus proche dans l’annuaire.
  • Vérifier les prestations disponibles : écoute, psychologie, consultation médicale, SSR, addiction, dentaire, spécialités.
  • Préparer une fiche de liaison courte si la situation nécessite un relais documenté.
  • Demander une contre-référence pour confirmer que le jeune a été reçu.
Voir aussi : ouvrir l’onglet Espaces Santé Jeunes pour le circuit détaillé, les prestations, les règles d’accès, la place de l’entourage, les partenariats et les outils de suivi.
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